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Biophytis en ligne avec son plan de marche
information fournie par Boursorama 15/05/2017 à 16:22

Les laboratoires de la société Biophytis. (crédit : Biophytis)

Les laboratoires de la société Biophytis. (crédit : Biophytis)

La biotech spécialisée dans les pathologies du vieillissement recule de plus de 23% en Bourse depuis le début de l'année. Même le recrutement du premier patient américain pour les essais de phase IIb dans la sarcopénie la semaine dernière n'est pas vraiment parvenu à réveiller le titre : après une hausse de 6% en début de séance, il a fini sur une progression plus mesurée de 2%.

Pourtant, le programme d’essais de sarconeos semble désormais sur les rails. C’est qu’en s’attaquant à la sarcopénie, Biophytis défriche des terres presque inexplorées. Cette maladie gériatrique qui touche 50 millions de personnes dans le monde se caractérise par une diminution de la masse musculaire et une perte de mobilité.

Elle n’a été reconnue par l’Organisation mondiale de la santé qu’en avril dernier et ne bénéficie d’aucun traitement. Pour être sûr que son candidat médicament réponde aux indications réglementaires à venir, Biophytis a donc dû redoubler de précautions afin de bien cibler les patients recrutés.

La biotech a aussi décidé d’étendre ses essais aux Etats-Unis, ce qui a occasionné des retards de développement.

Des résultats au second semestre 2018

C’est désormais du passé. Après avoir levé 18,7 millions en avril pour sécuriser les essais sur sarconeos et débuté le recrutement des premiers patients au niveau européen, Biophytis a donc annoncé la semaine dernière l’ouverture des premiers centres cliniques outre-Atlantique, à Boston et Gaineseville.

Le but : recruter 120 patients américains pour compléter le panel de 180 patients européens. Le protocole de cette étude est un peu particulier, il se compose d’une première phase d’observation qui dure six mois (Sara-obs), une période destinée à fournir «une meilleure caractérisation de la population cible du traitement».

Elle est suivie, après consentement des patients, d’une phase d’intervention (Sara-int) de six mois avec un critère principal d’évaluation : la perte de mobilité.

On peut donc espérer des résultats d’ici la fin de l’année 2018. Même si les contours réglementaires de la maladie restent flous, le PDG de Biophytis, Stanislas Veillet est confiant : «Il y a un intérêt croissant pour la sarcopénie dans les pays développés. La perte de mobilité, la dépendance sont des thématiques auxquelles les pouvoirs publics sont de plus en plus sensibilisés. Un traitement dans ce domaine aurait le même potentiel commercial que pour la maladie d’Alzheimer. A l’heure actuelle, nous avons cette spécificité d’être la biotech la plus avancée dans le développement clinique d’un produit dans la sarcopénie.»

La concurrence n'est pas en reste notamment du côté du géant suisse Novartis qui collabore sur le sujet avec la biotech allemande MorphoSys… mais Biophytis a plusieurs fois affirmé qu'étant donné la taille du marché, il y avait de la place pour plusieurs acteurs.

La DMLA, un programme prometteur mais qui prendra du temps

A côté de la sarcopénie, la biotech avance aussi sur son autre programme principal : Macuneos destiné à traiter la DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge) intermédiaire, une maladie qui entraîne une perte progressive de la vision centrale et qui touche plus de 1,3 million de personnes rien qu’en France.

Biophytis va lancer une étude complémentaire cet été avec des résultats disponibles au second semestre 2017. Mais le recrutement est là encore plus long et délicat que pour la sarcopénie.

La biotech cible des patients qui n’ont que des atrophies limitées n’induisant pas de perte de vision mais avec un haut risque de perdre de l’acuité visuelle en 18 mois. Difficiles à détecter, ils ne sont pas forcément envoyés vers les centres d’essais.

Une fois ce travail de recrutement effectué, la société lancera une étude de phase IIb début 2018 (Maca), selon le même protocole que l’étude Sara : une phase d’observation de six mois suivie d’une phase d’intervention de durée équivalente… et des résultats, à espérer au mieux au premier semestre 2019.

Il va falloir s'armer de patience

La suite des événements est connue des investisseurs : signer des accords de licence avec des laboratoires pharmaceutiques pour accompagner le développement réglementaire jusqu’au lancement commercial sur l’un ou l’autre des candidats-médicaments. Pour Stanislas Veillet, «les deux produits suscitent d'ailleurs de l'intérêt de la part de quelques laboratoires. Nous n'avons pas de préférence mais le cycle de développement de ces candidats-médicaments est différent. Il est plus court sur Sarconeos et plus long sur Macuneos tout en nécessitant un investissement plus important».

Si le potentiel est là, la route est donc encore longue pour Biophytis. Les investisseurs vont devoir être patients…

Laurent Grassin (redaction@boursorama.fr)

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